On taille dans le on-premise chez HP

Intéressant article sur la stratégie de l’EVP de HP John Hinshaw dans l’optique des importantes réductions de coûts attendues par Meg Whitman. Ce que femme veut…

Trêve de remarques sexistes, le sujet principal est certes intéressant mais me permet de m’attarder principalement sur le paragraphe suivant tiré de l’article dont vous trouverez la référence juste au dessous.

Hinshaw quickly replaced Siebel on-premise sales applications with customer management software from cloud vendor Salesforce.com Inc. Siebel was set up so that new profiles were created for each customer when they bought software, servers or printers. This led to the generation of multiple profiles for some customers. Salesforce.com allows the company  to consolidate customer profiles, and generate sales quotes directly within the application, rather than moving those quotes into another system for processing. He now has 30,000 staffers using the software. Encouraged by the Salesforce.com implementation, Mr. Hinshaw has begun replacing other legacy software with cloud alternatives.

via

HP CEO Meg Whitman Counting on Executive Vice President John Hinshaw to Manage Corporate Costs – The CIO Report – WSJ.

Il est évident que je partage cet énorme engouement pour l’utilisation de solutions performantes et agiles, dans le cloud et peu onéreuses. Je suis en revanche extrêmement dubitatif quand aux arguments exposés justifiant le remplacement de Siebel. Sans viser le rédacteur de l’article ni ce brave Directeur Exécutif, ni d’autres grand orateurs et prescripteurs du moment, je pense qu’il est temps de revenir sur terre ou de prendre un peu de recul.

J’aurais apprécié l’information du résultat comptable de cette migration de Siebel à Salesforce, nous permettant notamment de connaître les coûts du projet et les économies réalisées ainsi que la période de payback d’une telle opération. Parce que cela reste une énorme opération, celle de remplacer un CRM pour 30’000 utilisateurs. Si le seul problème est un dédoublonnage des données, wow, il y’a quelqu’un qui a très bien travaillé ou il subsiste encore un léger contentieux entre HP et Mark Hurd ou que sais-je?

Etant un supporter de plus en plus acharné des solutions SaaS, j’aurais vraiment aimé en savoir plus sur les raisons d’une telle mesure et d’un tel projet. Je vois quand même quelques points qui masquent le réel avantage de salesforce.com par rapport à Oracle Siebel.

  • Une entreprise et sa population d’utilisateurs étant déjà coutumières d’une application telle que Siebel ont la maturité pour bien réaliser une migration vers une nouvelle solution, qui pourrait être une nouvelle version de Siebel ou de Fusion de la même manière que salesforce. Un projet from scratch d’implémentation de Siebel dans des conditions égales aurait également donné des résultats impressionnants.
  • La facture pour 30’000 utilisateurs de salesforce doit être pas mal mais cela ne m’étonne pas que la transaction soit discrète, le discount Oracle devait pas être mal non plus
  • Y’a t’il eu un RFP, une mise au concours pour le remplacement? qui a perdu le deal? Quels ont été les arguments différentiateurs, car Siebel dispose d’une module de dédoublonnage Data Quality si je me rappelle bien
  • Comment s’est faite l’intégration avec l’ERP et les référentiels de données?

Il est évident que la simplicité du schéma de données de salesforce.com permet des intégrations et une implémentation facilitée, que la richesse de l’AppExchange renforce cette capacité d’intégration. Mais je reste vraiment sur ma faim. Pour ma part, je pense qu’une bonne refonte du sales process et un projet de data cleansing ou même un archivage géant en repartant de zéro sur Siebel aurait donné des résultats étonnants.

Un projet de rénovation de processus de vente, logistique ou de gestion des données doit s’accompagner d’un business case dont les bénéfices attendus sont souvent cachés parce que la plupart du temps faux et très rarement suivis. J’aurais aimé en savoir plus et je vais de ce pas tenter de contacter l’auteur de l’article. Vous pourrez suivre si vous voulez…

En passant juste comme ça, je trouve singulier de mentionner un travail d’alignement entre la stratégie de l’entreprise et la stratégie de l’IT pour finir à un move massif dans le cloud de la part d’un des plus gros fournisseurs de hardware et d’infrastructure du monde… Je ne parle même pas du remplacement des applications HP par des solutions dans le cloud, j’aimerais bien être un vendeur de soft HP face à un client qui a lu l’article…

Chaque projet, chaque client et chaque processus ont leur particularité et leur environnement, technologique, économique et politique. Un travail d’identification de la vision et de la stratégie globale est nécessaire avant tout projet de déploiement de solutions informatique, dans le cloud ou à la cave. Les réels avantages du cloud computing sont hélas cachés par une vision simplificatrice dogmatique qui ne nous permet plus d’en chiffrer les bénéfices.

Restons attentifs et attention au slogans du type “cloud maîtrisé” de SFR. N’oublions pas le métier, l’utilisateur et les bénéfices directs sur sa productivité et ceux de son client final.



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